Atomic Habits

Auteur : James Clear

Année de parution : 2018

couverture du livre
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Publié le :

đŸ„‡đŸ„ˆđŸ„‰ Le livre en 3 phrases

  1. De petits changements mÚnent à de grands résultats
  2. Les habitudes peuvent transformer notre vie pour nous aider à atteindre nos objectifs mais peuvent aussi nous détruire
  3. En plus des habitudes, l’amĂ©lioration continue est nĂ©cessaire sous peine de rĂ©gression

🎣 Impressions

Le livre est facile Ă  lire et Ă  comprendre, bien documentĂ© et bien structurĂ© : un exemple Ă  chaque dĂ©but de chapitre, un dĂ©veloppement de l’idĂ©e principale et un petit rĂ©sumĂ© en fin de chapitre. On ne se perd donc pas Ă  la lecture et on peut revenir facilement sur une notion grĂące Ă  l’index en fin de livre. C’est un livre qui donne de nombreux conseils pour prendre de bonnes habitudes et pour Ă©viter les mauvaises. Le livre fonctionne ainsi dans les 2 sens ce qui est pratique. De plus, il est agrĂ©mentĂ© de figures et schĂ©mas simples et comprĂ©hensifs et d’un tableau rĂ©capitulatif de chaque partie et sous partie.

🔎 Comment je l’ai dĂ©couvert

Ali Abdaal recommande ce livre.

🎯 Qui devrait le lire

Tous ceux qui souhaitent prendre de bonnes habitudes (et qui n’y arrivent pas) ou bien ceux qui veulent se dĂ©barasser de leurs mauvaises habitudes. Un peu pour ceux qui s’intĂ©ressent Ă  la psychologie et au fonctionnement du cerveau dans certains cas de figures comme le dĂ©sir ou la rĂ©compense.

đŸŽ‰ïž Qu’est-ce que le livre a changĂ© chez moi

Comment ma vie / comportement / idées / pensées ont évolués aprÚs la lecture de ce livre.

  • Les approches menĂ©es par l’auteur sur pourquoi et comment prendre de bonnes habitudes et se dĂ©barrasser des mauvaises sont intĂ©ressantes. Elles permettent de mettre des mots sur des concepts que je connaissais ou que j’appliquais mais de maniĂšre uniquement intuitive.
  • Nombre de ses mĂ©thodes sont reprises dans les vidĂ©os et les conseils d’Ali Abdaal et font donc partie des conseils que j’applique dorĂ©navant moi-mĂȘme. Par exemple, l’environnement design est une chose que j’ai implĂ©mentĂ© afin de m’immerger plus facilement dans mon travail.
  • J’ai aussi pris conscience de l’importance de la persĂ©vĂ©rance et malgrĂ© un temps assez long entre le dĂ©but et les premiers rĂ©sultats, ça en vaut toujours la peine.
  • Ne plus avoir peur des grands projets qu’il suffit de diviser en petits morceaux qui sont amĂ©liorĂ©s au fur et Ă  mesure.

💬 Mes 5 citations prĂ©fĂ©rĂ©es

Too often, we convince ourselves that massive success requires massive action.

If you want to master a habit, the key is to start with repetition, not perfection

Commitment device is a choice you make in the present that controls your actions in the future.

Never miss twice

When you can’t win by being better, you can win by being different

📝 RĂ©sumĂ© + notes personnelles

Dans le premier chapitre de la premiĂšre partie intitulĂ©e : pourquoi de petites amĂ©liorations mĂšnent Ă  de grands rĂ©sultats, James Clear mentionne l’entraĂźneur de l’ex-Ă©quipe cycliste britannique Sky, Dave Brailsford, qui fonctionne selon le principe d’accumulation de petites amĂ©liorations Ă  la base jugĂ©es insignifiantes. Il divise chaque Ă©tape d’entraĂźnement d’un cycliste puis les amĂ©liore une par une afin d’avoir une grosse plus value finale.

“Trop souvent, nous nous convainquons nous-mĂȘmes qu’un grand succĂšs provient d’une grande action." La derniĂšre partie de la phrase est effectivement fausse car on ne peut pas s’amĂ©liorer instantanemment du jour au lendemain, cette Ă©tape d’amĂ©lioration requiert un temps et une persĂ©vĂ©rance. La thĂ©orie du 1% better every day nous dit qu’en s’amĂ©liorant d'1% par jour on est 37% plus performant au bout d’un an, alors que sans progression on rĂ©gresse Ă  0.

0.99365 = 0.03

1.01365 = 37.78

Ce que nous sommes provient de nos habitudes, elles reflĂštent notre mode de vie et notre personnalitĂ©. Je suis ce que je mange, je sais ce que j’apprends… Nous sommes ce que nous rĂ©pĂ©tons. Nos habitudes reflĂštent donc notre identitĂ© et la persone que nous voulons ĂȘtre. C’est pourquoi il faut ĂȘtre capable de modifer son identitĂ© de maniĂšre a faire correspondre celle-ci avec nos habitudes. Exemple : je veux me mettre Ă  courir, je dois d’abord modifier mon identitĂ© (c’est-Ă -dire ce que je pense de moi mĂȘme) pour me voir comme une personne sportive qui court. Notre identitĂ© est donc flexible et s’adapte rĂ©guliĂšrement, mais il faut ĂȘtre prĂȘt Ă  vouloir la changer. D’ailleurs le mot identitĂ© provient du latin essentitas signifiant ĂȘtre et identidem qui signifie de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e. Notre identitĂ© est donc composĂ©e de ce que nous rĂ©pĂ©tons. Les 4 Ă©tapes d’une habitude peuvent ĂȘtre dĂ©crites comme Ă©tant la suite des Ă©vĂ©nements cue-craving-response-reward que l’on peut traduire par signal, envie, action, rĂ©compense.

L’effet Diderot est le fait qu’un achat en entraĂźne un autre, ce qui crĂ©e une spirale de consommation car chaque achat se suit d’un nouveau.

Une histoire Ă©tonnante est celle de Laszlo Polgar, un Hongrois qui a voulu expĂ©rimenter si les gĂȘnes sont impliquĂ©s dans la rĂ©ussite. Il eut 3 filles et a basĂ© toute leur Ă©ducation et leur vie sur le jeu des Ă©checs. Ainsi, les 3 filles devinrent passionnĂ©es d’Ă©checs et championnes mondiales. Ceci grĂące Ă  leur pratique assidue mais surtout par rapport au fait que les Ă©checs faisaient partie intĂ©grante de leur vie. Elles n’en Ă©taient pas moins heureuses et adoraient leurs vies. Je trouve cette histoire incroyable car elle montre que l’on peut devenir un grand maĂźtre dans un domaine sans pour autant avoir les gĂȘnes du succĂšs et avoir une vie “normale”.

Nous avons tendance Ă  imiter les habitudes de trois groupes de personnes : les proches, la majoritĂ© et les puissants. Une des choses les plus utiles pour prendre de bonnes habitudes est de s’entourer de gens qui partagent la mĂȘme passion que nous afin que celle-ci paraisse tout Ă  fait normale. Si je m’entoure de personnes sportives je serai plus facilement amenĂ© Ă  faire du sport que si mes amis sont sĂ©dentaires.

Lorsque l’on vit en sociĂ©tĂ© comme c’est notre cas, il est facile de se plier aux habitudes du groupe car c’est ce qui est dĂ©crit comme Ă©tant la norme. Ainsi nous prĂ©fĂ©rons avoir tort avec le groupe plutĂŽt que d’avoir raison tout seul car dans le cas contraire un sentiment de rejet peut ĂȘtre ressenti. On peut par contre ne pas prĂȘter attention aux regards des autres et continuer selon son propre chemin et ses propres habitudes jugĂ©es plus pertinentes mais cela demande un effort supplĂ©mentaire et Ă©ventuellement une pression.

Nos habitudes modernes proviennent en fait de nos dĂ©sirs primitifs. Par exemple, pour trouver l’amour et se reproduire on utilise aujourd’hui Tinder mais le principe est le mĂȘme. Pour gagner de la reconnaissance et de l’estime de soi on poste sur Instagram. Pour se connecter aux autres et communiquer on utilise Twitter ou Facebook. Toutes ces applications modernes ne sont que des rĂ©ponses aux besoins primitifs de l’homme.

L’auteur aborde ensuite une comparaison que je trouve judicieuse. Il compare les mots anglais motion et action qui signifient mouvement et action en français. Bien qu’ils paraissent synonymes il y a une diffĂ©rence subtile. Lorsque l’on fait preuve de mouvement on accumule des connaissances et on planifie mais on est passif. Tandis que lorsque l’on est en action on rĂ©alise vraiment quelque chose ; on est actif. Le problĂšme avec le mouvement, c’est qu’on exĂ©cute aucune tĂąche, autrement dit on ne progresse pas. Parfois le mouvement est utile mais il ne sera jamais liĂ©e Ă  un changement vĂ©ritable. L’auteur prend l’exemple de parler Ă  son coach personnel, on apprend des choses, on fait une dĂ©marche de lui parler mais aucun rĂ©sultat n’apparaĂźt sans mise en action.

Il relie ensuite ces deux notions au fait que nous ne voulons pas ĂȘtre critiquĂ©s pour nos actions et notre travail donc on tend souvent Ă  de pas produire d'action. On cherche alors Ă  retarder le moment oĂč l’on produit quelque chose pour retarder le moment de la critique.

Une des clĂ©s des habitudes est de commencer par rĂ©pĂ©ter une action afin qu’elle devienne une habitude. Peu importe si elle est imparfaite au dĂ©but, le principal est de commencer et elle sera peaufinĂ©e par la suite. Nombre de personnes ne veulent pas commencer telle ou telle habitude car ils ont peur de ne pas le faire correctement. RĂ©sultat : il ne commencent jamais et n’Ă©voluent jamais vers l’identitĂ© qu’ils souhaiteraient atteindre. On ne peut pas amĂ©liorer une habitude qui n’existe pas.

De plus, ce qui compte rĂ©ellement dans notre changement de comportement c’est la frĂ©quence Ă  laquelle on exĂ©cute une habitude, pas le temps. Cela signifie que l’on peut s’entraĂźner pendant 10 ans Ă  apprendre un instrument mais que si l’on pratique uniquement 1 fois par semaine on ne progressera que trĂšs peu voire pas su tout, tandis que pratiquer tous les jours pendant 1 an sera beaucoup plus productif.

Nous passons ensuite Ă  la loi du moindre effort. Moins l’habitude requiert d’Ă©nergie et plus on sera enclins Ă  l’adopter. Une des maniĂšres de rĂ©duire cette Ă©nergie est de pratiquer l'environnement design autrement dit de faire en sorte qu’un lieu soit adaptĂ© Ă  une tĂąche. Par exemple un bureau clair et organisĂ© nous incite Ă  travailler, des outils rangĂ©s nous incitent Ă  bricoler, une guitare posĂ©e Ă  cĂŽtĂ© du canapĂ© nous incite Ă  en jouer etc. Donc moins on met d’effort pour nous prĂ©parer Ă  faire une chose et plus facile il sera de la faire. Si je n’ai qu’Ă  tendre le bras pour attraper ma guitare et en jouer je le ferai plus souvent que si elle est rangĂ©e dans sa housse dans un placard au grenier.

Commitment device is a choice you make in the present that controls your actions in the future. Il y a pleins d’exemples de commitment device que j’adore. Cela rejoint la thĂ©orie Measure de Taimur qui prĂ©conise d’investir dans quelque chose qui change notre vie en mieux (voir le podcast Not Otherthinking episode 5: Kitchen Bin). Ici ce qui est intĂ©ressant c’est de comprendre que certains petits choix peuvent radicalement changer nos habitudes. Enlever la tĂ©lĂ© de notre chambre par exemple. DĂ©sinstaller les appli de rĂ©seaux sociaux sur notre tĂ©lĂ©phone. Je pratiquais dĂ©jĂ  la plupart de ces idĂ©es mais j’apprĂ©cie n’ĂȘtre pas le seul a y avoir pensĂ©.

Dans le chapitre sur comment ĂȘtre consistent, l’auteur propose une solution assez simple mais suffisamment efficace : ne pas manquer plus de deux fois d’affilĂ©e notre habitude. Par exemple, si l’on dĂ©cide de prendre l’habitude de mĂ©diter tous les matins (comme c’est dorĂ©navant mon cas) on peut y manquer une fois pour telle ou telle raison, mais pas deux matins de suite. Car sinon on commence Ă  prendre une mauvaise habitude de ne pas le faire et un matin ratĂ© suivi d’un autre et encore un autre mĂšne Ă  ne jamais le faire.

Afin de trouver les domaines qui nous intéressent et de les approndir on utilise la méthode explore/exploit trade-off. Autrement dit on essaie un maximum de possibilités pour avoir un large panel de choses existantes et de pouvoir se faire une idée de ce qui nous attire ou pas.

La diffĂ©rence entre un professionnel et un amateur est la discipline. Au bout d’un certain temps une habitude peut devenir redondante et lassante ou douloureuse. LĂ  oĂč le novice voudra arrĂȘter, le professionnel s’obligera Ă  continuer car il en relĂšve de son domaine et de son mĂ©tier.